de 1748 à 1763

Situation comparée des colonies anglaises et des colonies françaises d'Amérique en 1748

Si la France est sur le papier officiellement en paix avec l'Angleterre de 1748 à 1756, en Amérique, le traité d'Aix-la-Chapelle n'a rien résolu. Les incidents de frontière sur terre, et les actes de piraterie sur mer vont se multiplier dès 1749, et, à partir de 1754, il s'agira d'une véritable guerre anglo-américaine contre notre empire d'Amérique. Les Canadiens d'ailleurs datent ce qu'ils appellent "la Guerre de la Conquête" de 1754 à 1760.

Les habitants des treize colonies d'Amérique, qui se sentent encore très Anglais, portent une large responsabilité dans la perte de notre Empire d'Amérique. Déjà, pendant la guerre de Succession d'Autriche, ce sont les marchands de Boston qui sont à l'origine de la perte de l'Ile Royale et de la forteresse de Louisbourg. Cette victoire leur assurerait le monopole de l'exploitation poissonnière dans cette région et la maîtrise de l'entrée du Golfe du Saint-Laurent, seule porte de la Nouvelle France sur la façade atlantique. 

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Louisbourg

En mars 1745, 4 300 recrues du Massachusetts, du Connecticut, du New-Hampshire et du Rhode-Island s'assemblent à Boston. Une flotte de 90 transports escortés de treize bâtiments armés en course porte cette flotte à Canseau.

Là, elle se grossit de quatre navires de guerre britanniques montés par 4 000 marins. Canseau tomba aux mains des Anglais qui débarquèrent près de Louisbourg début mai et commencèrent le siège de la forteresse. La garnison, qui ne comptait que 455 soldats et 800 miliciens, fut obligée de capituler le 27 Juin 1745. Dès lors, la France ne songera qu'à reprendre la forteresse qui ne lui sera rendue qu'au Traité d'Aix-la-Chapelle (1748).

Par ailleurs, il est infiniment probable que les colonies que l'Angleterre possédait en Amérique au XVIIIe siècle n'auraient acquis leur indépendance ni au moment où elles se la sont assurée, ni de la manière que l'on sait, si le Canada n'avait pas été défait en 1760 et incorporé à l'empire britannique trois ans plus tard.

 

Les colonies anglaises

Nous ne traiterons ici que les treize colonies. Nous aurons l'occasion par ailleurs de parler du problème de l'Acadie. Si l'on va du Nord au Sud, ces treize colonies se nomment : la New-Hampshire, le Massachusetts, le Rhode-Island, le Connecticut, le New-York, le New-Jersey, la Pennsylvanie, le Delaware, le Maryland, la Virginie, la Caroline du Nord, la Caroline du Sud et la Georgie.

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Le May Flower

Comment en est constitué le peuplement qui, en gros, est formé d'immigrants arrivés au début du XVIIe siècle (pour mémoire, les pèlerins du "May Flower" en 1620, au Massachusetts, "I'Arabella" en 1630) ?"

Du Nord au Sud, du New-Hampshire au Connecticut (Long Island inclus), ce sont des Anglais.

A New-York et dans toute la vallée de l'Hudson : des Hollandais (chassés en partie à New-York même par les Anglais : Nouvelle Amsterdam devenue New-York).

En New-Jersey, partie Est de la Pennsylvanie, Delaware, Maryland, les trois quarts Est de la Virginie, des deux Carolines et de la Géorgie : des Anglais.

Dans la partie Ouest de l'Etat de New-York, au Sud de la Pennsylvanie et au Nord du Maryland : des Irlandais, ainsi que dans les trois quarts Centre et Ouest de la Pennsylvanie, au Nord-Ouest et au Sud-ouest de la Virginie, dans l'Ouest des deux Carolines et au Nord-Ouest de la Géorgie.

Dans le centre de la Caroline du Nord des Ecossais.

Enfin des Allemands, centrés en trois points principaux au centre du New-York, dans une large bande orientée Nord Est - Sud Ouest de la Pennsylvanie et de la Virginie, et au centre de la Caroline du Sud.

Ce peuple essentiellement britannique et un peu allemand et hollandais peut se diviser en trois groupes:

Au Nord, la Nouvelle-Angleterre, comprenant les colonies allant du New-Hampshire au New-York, avec comme population dominante les Puritains du Massachusetts. Malgré la clarté et le dogmatisme de leur religion, ils ne s'estimaient pas libres de bâtir leurs institutions politiques. Cette colonie, le Massachusetts, fondée sur la Bible, était hantée par le spectre des institutions anglaises. Les puritains de cette colonie se plaisaient à dire qu'ils s'appuyaient sur les lois de Dieu, plutôt que sur celles des Anglais. Par bonheur, à leurs yeux, elles semblaient coïncider.

Les législateurs de cette colonie mirent en parallèle la Magna Charta de 1215 et les 'Principes fondamentaux du Massachusetts". Il en résulta la Charte des Libertés de 1641, qui était toujours en vigueur un siècle plus tard.

Entre la Nouvelle-Angleterre et les colonies des planteurs du Sud, se situent ce qu'on peut appeler les colonies du 40' parallèle (Pennsylvanie, Delaware, New-Jersey), avec comme population dominante les Quakers de Pennsylvanie.

Cette colonie fut fondée au XVII siècle par William PENN, qui reçut en 1681 du Roi Charles Il la Charte de Pennsylvanie.

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William Penn

Les Quakers, peu nombreux en Angleterre, vont trouver en Amérique une terre de prédilection. En effet, leur religion était basée sur trois vertus principales : Foi en l'égalité, informalité, tolérance. Alors que les Puritains pensaient que les Indiens étaient les cohortes du diable, les Quakers étaient frappés de voir à quel point la religion des Indiens ressemblait à la leur, et ils accueillaient les hommes de toutes sectes.

Enfin, troisième grande région des colonies anglaises d'Amérique, les colonies du Sud Virginie, les deux Carolines, la Georgie.

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Jefferson

Là nous trouvons le type même de la colonisation anglaise. On n'y trouve ni dessein grandiose, ni tentation de faire d'une idée une règle de gouvernement, mais des colons campagnards bien décidés à y transplanter les institutions anglaises. Les Virginiens, entre autres, furent des réalisateurs et non des innovateurs, et ce sont leurs réalisations pratiques qui en firent des Américains. Avec le développement de l'esclavage pendant la première moitié du XVIII siècle, rendant l'exploitation des grandes plantations plus profitable, la Virginie devint une colonie aristocratique, d'où devaient être issus la plupart des hommes qui devaient écrire l'histoire des Etats-Unis : Jefferson, Washington, Monroe.

Tout au Sud de l'ensemble des treize colonies, la Georgie était la colonie la plus récente.

Ce n'est qu'en 1730 que cette colonie fut fondée par un général anglais : Oglethorpe. Les colons anglais reconnaissaient que cette colonie est "la plus merveilleuse contrée de l'univers". Les bois se défrichaient aisément, et les oranges, citrons, pêches, poires et abricots y étaient succulents. En Georgie, la Charte Royale de la Colonie fut promulguée en 1732.

Voilà donc cette population des treize colonies, incontestablement douée de toutes les qualités de courage et d'énergie qui font les pionniers, mais singulièrement éprise d'idées de Liberté.

Venons-en maintenant, facteur très important, au chiffre de cette population au milieu du XVIIIe siècle. Si l'on prend la moyenne des estimations de divers historiens, on peut l'estimer entre 1 400 000 et 1 500 000 en 1750.

Quels sont les sentiments de ces colons américains vis-à-vis des Français

On peut affirmer, sans celer la vérité, que les Français représentent l'ennemi potentiel :

  • par leurs possessions au Canada, dans la vallée de l'Ohio et en Louisiane, les Français empêchent les colons américains de s'étendre vers l'Ouest ;
  • pour ces protestants convaincus, les Français, comme les Espagnols, sont d'affreux papistes persécuteurs des protestants depuis près d'un siècle.

Il est à noter d'autre part qu'existent dans les Carolines et en Georgie des réfugiés huguenots d'origine française venus en Amérique après la Révocation de l'Edit de Nantes. Ces Français sont aussi sévères contre leur nation d'origine que leurs collègues anglo-saxons.

Il y avait donc nécessité pour les colons d'Amérique d'envisager un système de défense. D'abord il y avait les Indiens. Ceux-ci ne faisaient pas une guerre classique : pas de batailles rangées, mais attaques par surprise, embuscades, et ensuite tortures et massacres. Ensuite il y avait les Français et les Espagnols. De telles menaces obligèrent des communautés entières à s'épauler et à s'entraider lorsque se présentait un danger. Le fort, conçu pour servir de demeure et de refuge pendant les raids indiens, finit par symboliser l'état de guerre permanent dans lequel vivait l'Amérique.

Dès 1680, en Virginie, le droit de lever une milice fut-il reconnu aux autorités locales dans différentes parties de la colonie.

La milice était née de la nécessité de défendre des fermes, des foyers, des villes, et non pour être un pion au service de quelque grande stratégie. Ces milices étaient armées par chaque colonie, et, théoriquement, ne pouvaient intervenir à l'extérieur des frontières de ladite colonie.

L'antique crainte qu'inspirait aux Anglais une armée installée dans le pays se combinait avec une crainte plus récente des Américains, celle d'une armée levée dans le pays pour être dirigée vers de lointaines garnisons.

En 1748, date à laquelle nous situons cette étude, le problème n'était pas résolu. Les gouverneurs des colonies étaient des fonctionnaires britanniques, représentant le gouvernement de Sa Majesté, mais en réalité ils étaient des fantoches, se procurant leur salaire en vendant la totalité des prérogatives royales, et, bien que disposant d'une armée composée de régiments permanents des forces britanniques, celle-ci était insuffisante pour faire appliquer dans les colonies les lois votées par le Parlement britannique.

 

Les colonies françaises

Face aux treize colonies s'appuyant sur la façade atlantique et représentant un ensemble relativement cohérent, se trouvait en 1748 l'immense Empire Français d'Amérique, s'étendant de l'Ile Royale au Nord, à l'entrée du Golfe du Saint-Laurent, jusqu'aux bouches du Mississipi sur le Golfe du Mexique.

Cet Empire Français d'Amérique, ou Nouvelle-France, n'a pratiquement pas de limite à l'Ouest. Très approximativement on peut le limiter aux Rocheuses.

Du Nord au Sud, il est possible de le diviser en quatre parties : l'Ile Royale et l'Ile Saint-Jean, avec le grand port-forteresse de Louisbourg ; le Canada, avec la Gaspésie (Territoire situé au Sud du Saint-Laurent entre Québec et l'Océan.) et la vallée du Saint-Laurent, jusqu'aux lacs Ontario et Erié -, la région de l'Ohio au centre ; enfin au Sud, la Louisiane avec le grand port de la Nouvelle Orléans.

L'Ile Royale et l'Ile Saint-Jean : comme nous l'avons dit plus haut, pendant la guerre de Succession d'Autriche, Louisbourg était tombée le 27 Juin 1745. Mais le traité d'Aix-la-Chapelle avait restitué cette place, avec l'Ile Royale et l'Ile Saint-Jean. Son importance stratégique était de premier ordre, commandant l'entrée du fleuve Saint-Laurent. D'autre part, sur le plan commercial, Louisbourg concurrençait les ports américains de Boston, de New-York, de Philadelphie, de Charleston. Une terre qui n'était plus française en 1748, mais qui doit retenir une attention particulière est l'Acadie, perdue au traité d'Utrecht en 1713, et que le traité d'Aix-la-Chapelle ne nous avait pas restituée. Baptisée Nouvelle-Ecosse par les Anglais qui y construisirent le port de Halifax, l'Acadie était toujours peuplée par 16 000 habitants de souche française, les Acadiens, qui refusaient de s'intégrer à l'Empire britannique. Pas plus au traité d'Aix-la-Chapelle qu'au traité d'Utrecht, les frontières n'avaient été clairement définies entre l'Angleterre et la France dans ces régions, et en Acadie orientale, appelée aujourd'hui le Nouveau-Brunswick, France et Angleterre s'en disputaient l'influence.

Le Canada : cette colonie était de beaucoup la plus ancienne, la plus peuplée et la mieux mise en valeur de toute la Nouvelle-France. Installés dans la vallée du Saint-Laurent depuis un siècle et demi, les Français n'avaient pas rêvé de n'y installer que des comptoirs de traite. Ils avaient travaillé à y implanter une population dans des établissements permanents en vue d'une mise en valeur des richesses de la mer, de la forêt, de la terre et du sous-sol.

Pendant les quinze années qui suivent le traité d'Utrecht, la population canadienne va presque doubler. De 18 000 en 1713, elle atteint 55 000 en 1744 et 75 000 en 1754.

Cette population est en grande partie agricole. Cependant, jusqu'en 1729, l'agriculture est stationnaire. Après l'arrivée de Hocquart (1729), le développement s'intensifie. La zone cultivée s'étend et, à la faveur des nouveaux marchés extérieurs, la production monte.

En 1712, on dénombrait 84 seigneuries. De 1714 à 1731, la métropole refuse d'en concéder de nouvelles jusqu'à ce que les terres déjà distribuées le long du Saint-Laurent soient entièrement défrichées. Entre Québec et Montréal et même au-delà, les concessions se font sur une deuxième ligne. De nouvelles régions s'ouvrent à la colonisation agricole : le Haut Richelieu, les rives de l'Outaouais, le lac Champlain à partir de 1733 et, en 1736, la vallée de la Chaudière (Sud du Saint-Laurent, près de Québec).

Les résultats sont les suivants : en 1739 (dernier chiffre connu avant 1748), 188 105 arpents (soit 51 a ou 1/2 ha) sont en culture, qui produisent 634 605 minots de blé (Le minot est une mesure de capacité, alors que l'arpent est une mesure de surface. Le minot de grain équivaut à 39 l.), et 254 360 minots d'autres céréales, pour une population de 42 700 habitants.

Les prairies occupent une surface considérable. Elles servent à engraisser l'élevage, dont les produits triplent de 1713 à 1748. En 1739, le Canada produisait 38 821 bêtes à corne, plus de 5 000 chevaux, 26 260 moutons et 27 258 porcs.

Si l'agriculture représente une part importante de la vie économique, c'est le commerce des fourrures qui représente la majorité du commerce. On peut même dire qu'il est à la base de la vie économique. Ce commerce a son centre autour des grands lacs avec lesquels communique le Mississipi, territoire qui ouvre la porte au trafic avec toutes les populations établies près du fleuve et de ses affluents.

Le monopole de la vente des fourrures canadiennes appartient à la Compagnie d'Occident jusqu'en 1717, qui est remplacée par la Compagnie des Indes qui le détiendra jusqu'en 1760.

Si l'on prend les chiffres officiels des exportations des pelleteries canadiennes en France, cela donne : années 1746 à 1750 : 6 021 438 livres, moyenne annuelle : 1 204 287 livres, soit environ 60 % du pourcentage des fourrures dans les exportations.

La population canadienne est répartie ainsi : 75 % dans les campagnes et 25 % dans les villes. Si l'on prend les chiffres de 1750, sur une population de 55 000 habitants, 8 000 résident à Québec, la capitale administrative, 4 000 à Montréal, la capitale économique, et 800 à Trois-Rivières, soit environ 13 000 pour la population urbaine.

 

La Nouvelle-France Centrale ou vallée de l'Ohio

Cette immense région revêt pour la Nouvelle-France une importance économique et stratégique considérable. En effet, elle est le lien entre les deux colonies de peuplement : le Canada et la Louisiane.

Comme nous l'avons précisé plus haut, le commerce des fourrures, centré autour des Grands Lacs, a besoin de la route du Mississipi pour se développer, et des vastes régions de l'Ouest, riches en fourrures.

D'autre part, on tente de promouvoir la colonisation agricole à la suite de la fondation de Fort-Détroit en 1701 par Lamotte-Cadillac. On y voyait, selon les termes de Beauharnais (Comte de BEAUHARNAIS de la branche ainée de cette famille, gouverneur de la Nouvelle-France au XVIIIe siècle. Alexandre de BEAUHARNAIS, époux de Joséphine, était de la branche cadette) et de Hocquart, le pivot de l'Amérique entre le Canada, la Louisiane et les vastes régions de l'Ouest.

Au centre de la Nouvelle-France, si elle était pourvue d'hommes et de vivres, cette colonie pouvait maintenir la paix dans les pays d'en Haut et bloquer l'envahisseur Nord américain. Un autre colonisateur, la Galissonnière, en projettera la mise en valeur avant 1750, par des moyens pratiques et peu coûteux, intégrant des fins d'économie et de défense.

La population de cette immense région est naturellement très faible. En 1751, on évalue la population de la région de Fort-Détroit à 600 habitants, et celle du pays des Illinois à Près de 1 400. En conséquence, si l'on compte environ 3 000 habitants dans toute la région comprise entre le lac Erié et la Basse Louisiane, on ne doit pas être très loin de la vérité.

En revanche, sur le plan stratégique, cette région a une importance considérable. C'est elle qui bloque vers l'Ouest l'expansion des colonies américaines, d'où l'importance de la jalonner par des forts solides.

Vous avez sur la carte les noms des principaux forts de la région, en tenant compte, cependant, que le Fort-Duquesne, sur l'Ohio, ne fut construit et occupé qu'en 1754, et que le fort Le Bœuf et le fort Presqu'île ne seront construits qu'en 1753.

 

La Louisiane

Depuis près d'un siècle, soit dès le 9 avril 1682, les trois fleurs de lys flottent sur le delta du Mississipi, depuis que Cavelier de la Salle les y a plantées, neuf ans après que Joliet et Marquette les eussent arborées à l'embouchure de l'Arkansas.

La Louisiane, colonie de peuplement mais au climat semi-tropical, est une colonie de grandes plantations (canne à sucre, coton) dont la population est constituée à base d'immigrants français, mais surtout de Canadiens. Le gouverneur en fut le marquis de Vaudreuil de 1742 à 1752. En 1752, Vaudreuil fut remplacé par Kerlerec, un remarquable gouverneur.

Le chiffre de sa population donne en 1746 environ 8 800 habitants, dont 4 000 blancs et 4 800 esclaves noirs.

Contrairement aux colonies anglaises, qui sont très décentralisées (la véritable capitale de l'Amérique anglaise est Londres), la Nouvelle-France, malgré son immensité, sa diversité, ses difficultés de liaisons intérieures, a un gouvernement centralisé ; le siège de ce gouvernement est à Québec. Le gouverneur de la Nouvelle-France qui fut, pour la période qui nous intéresse, la Galissonnière (1747-1749), puis la Jonquière (1749-1752), Duquesne (1752-1755) et enfin Vaudreuil (1755-1760), est en même temps gouverneur du Canada. A Louisbourg siège un gouverneur qui, théoriquement, dépend de Québec, mais qui, pratiquement, reçoit ses ordres de Versailles

A la Nouvelle-Orléans, nous l'avons vu, siège un gouverneur, également dépendant de Québec. Mais pour donner une idée de la lenteur des liaisons entre le Canada et la Louisiane, la capitulation de Québec (18 Septembre 1759) ne fut connue à la Nouvelle-Orléans qu'au bout d'un